Le téléphone appliqué aux torpilles (Article extrait de la revue La nature" de 1879)
La capitaine M. Evoy a imaginer d'utiliser le téléphone électrique du professeur Bell pour vérifier l'état des torpille mouillées qui servent à la défense des ports et des rades dont l'explosion est produite par le contact.
On sait que cette épreuve se fait habituellement en faisant passer un faible courant qui traverse la torpille et son amorce et en employant un galvanomètre d'une grande sensibilité. Le capitaine M. Evoy substitue à ce mode d'épreuve pa électricité, ou du moins il lui adjoint un second moyen de contrôle obtenu par le son. A cet effet, il muni chaque torpille d'un téléphone Bell ordinaire, disposé de façon à ce que le disque vibrant soit placé dans un plan horizontal.
Au-dessus de ce disque sont rangés un certain nombre de petits poids mobiles. Les poids, à chaque mouvements de la torpille, produisent une vibration du disque et à cette vibration correspond un son particulier que perçoit le téléphone récepteur établi à terre. Chaque torpille annonce ainsi elle-même, pour ainsi dire, à l'opérateur placé dans l'observatoire, l'état dans lequel elle se trouve. Dans le cas où elle sera avariée, la torpille resterait silencieuse et l'opérateur en conclurait avec certitude qu'il y a lieu de la visiter.
Les téléphones sont reliés aux fils ordinaires employés pour les torpille.
L'idée du capitaine M. Evoy servira probablement de point de départ à tout un ensemble de progrès importants en ce qui concerne les systèmes de défense des ports organisés avec des torpilles mouillées et peut-être pour d'autres applications.
Cet officier a essayé d'employer dans des conditions analogues le microphone du professeur Hugh, mais il n'a pas obtenu d'aussi bons résultats qu'avec le téléphone, sans doute à cause de la sensibilité et de la délicatesse extrèmes de cet instrument.
